Compte rendu du débat du Jeudi 30 novembre 2017

Alimenter Villejuif en produits bio et locaux

Ce débat s’est déroulé au café du Théâtre dans le cadre du mois de l’ESS, avec des acteurs du territoire.

Flyer Mois de l’ESS 2017

Présents : Monique Lambert Dauvergne, Alain Lipietz, Natalie Gandais, Anne Kadri, Marie-Paule Mariaval, Sylvie Thomas (La Grande Ourse) ; Cédric Vérillon (Courage le Groupe) ; Danièle Toru (AMAP de Villejuif) ; Patrick Stagnetto (jardin partagé de Sainte-Colombe) ; Julien Picq (Val Bio Centre et Ile-de-France) ; Danielle Nauche (l’Etal Solidaire) ; Elisabeth Arend (Villejuifois solidaires) ; Dan Failer et Alain Fontenil (Les Butineurs du Val-de-Marne) ; Nicole Delmas (jardin partagé de la Ressourcerie de Villejuif) ; Isabelle O’Leary (SEL de Villejuif) ; Martine Bouteiller, Séverine Compain, Eliane Fremann, Aurélien Liaut, Fabienne Schouler.

La Grande Ourse
Ce café associatif, pour l’instant itinérant, a pour objectif de mettre le bio à la portée de tous. Lors d’ateliers menu-courses-cuisine, des plats bios et végétariens sont préparés avec des habitants puis proposés à petits prix lors d’interventions dans des manifestations (événements de la Ville, à la MPT Gérard Philipe, pots à la librairie…).
Pour le mois de l’ESS La Grande Ourse a organisé au Café du Théâtre une matinée portes ouvertes, un après-midi jeux autour de l’alimentation, et ce débat.

Courage le Groupe
Existe depuis novembre 2015 et compte 6 animateurs. Il a pour objet la sensibilisation au développement durable. Il fabrique du pain bio et fait des ateliers jardinage pour les collectivités (écoles, entreprises…). Il possède un four à bois sur remorque. Son matériel est stocké au parc des Lilas de Vitry.

A l’Haÿ-les-Roses, il œuvre pour un bailleur qui souhaite valoriser ses espaces et éviter les dégradations par le biais du jardinage. A Villejuif, il anime des ateliers pain dans les 2 MPTs, et pour 6 classes de l’école Paul Vaillant-Couturier (de préférence au parc des Lilas où les enfants peuvent aussi découvrir les animaux de l’association Couleur Lilas). Le dernier dimanche de chaque mois il y a un atelier pour tous pain bio gratuit où une trentaine de personnes s’initient à la préparation du levain, à la fabrication et à la cuisson du pain.
Financement : une subvention du Département et le paiement des prestations par les collectivités. Aimerait un financement public annuel.
Projet à terme : créer un atelier d’insertion professionnelle, une boulangerie d’insertion sur un site de production.
Faute d’un meunier, pour l’instant les produits sont achetés dans les magasins bios. Danièle Toru indique que le producteur de l’AMAP de Villejuif fait de la farine de céréales, il faut voir s’il pourrait alimenter Courage le Groupe.

Patrick Stagnetto ajoute qu’il s’occupe d’un jardin partagé à Sainte-Colombe où les enfants viennent jardiner individuellement.

Nicole Delmas ajoute qu’elle s’occupe d’un jardin partagé à la Ressourcerie 123 avenue du Colonel Fabien, où les handicapés de l’Insert viennent jardiner.

Les Paniers bios du Val-de-Loire (Val Bio Centre)
Création dans les années 1990 par une dizaine de fermiers bios de la Région Centre. Jardin d’insertion au sein du réseau Cocagne. Création en 2004 de Bio Solidaire, entreprise d’insertion qui livre dans la Région Centre puis, vu la demande, dans la région parisienne, à des prix intéressants et avec une juste rémunération pour les 45 producteurs. Aide aux collectivités, aux AMAPs… Insertion au potager de Ménilmontant.
Un projet à Pantin : circuit court, avec le Marché sur l’eau, l’AMAP… Porté par des consommateurs.
Val Bio comprend 280 salariés en insertion soit 145 temps plein et forme aussi à la vente. Une couveuse d’entreprise accueille trois maraichers par an.
Dans le Val-de-Marne depuis 2007, Val Bio Centre dispose d’une plateforme logistique Val Bio Ile-de-France (qui est aussi une structure d’insertion) et qui s’occupe de 10 hectares à la demande du CD 94 sur Chennevières. Interventions dans des centres sociaux avec les Paniers de Créteil. Partenariat avec des AMAPs, des commerçants, des associations.
A Villejuif, livraisons dans la boutique Cendrillon (saturée en raison de la forte demande).

Question : Les Paniers bios pourraient-ils fournir Razim Derder, le marchand de fruits et légumes bios du centre-ville ?
Julien Picq répond que Les Paniers du Val-de-Loire font du demi-gros, fournissent les magasins qui font du tout bio et/ou du circuit court. Pour l’envisager, Val Bio aurait besoin de développer de la vente directe sur un voire deux autres lieux de dépôt de paniers, afin de générer un volume d’activité suffisant sur la ville.
Natalie Gandais constate qu’à Villejuif il manque surtout les produits d’épicerie bio (légumes secs, farines variées) pour composer des repas complets.

L’Etal Solidaire
Les bénévoles de cette association organisent des distributions de légumes accompagnées d’animations une fois par mois à Ivry à la Maison de Quartier de la cité Pierre et Marie Curie. La mairie participe beaucoup.
Un maraîcher du Pas-de-Calais apporte des légumes de qualité et les vend à des prix très attractifs. Il est content d’avoir des relations avec les acheteurs. Il y a maintenant de la demande dans d’autres quartiers et pour l’instant, Danielle Nauche en rapporte sur commande à Villejuif, pour les personnes intéressées dont elle a les coordonnées.
L’Etal solidaire pourra participer au projet de l’épicerie solidaire quand elle ouvrira, d’autant que le producteur propose de venir faire lui-même sa vente dans son camion, une ou deux fois par mois.

L’épicerie sociale et solidaire
Elle ouvrira après travaux, dans quelques mois, dans une cité HLM 38 sentier Benoît Malon, dans un local prêté par la mairie. Elle est portée par une association créée en 2014, les Villejuifois solidaires, qui compte 108 adhérents.
Elle s’adresse aux gens en très grande précarité, envoyés par les services sociaux en fonction du reste-pour-vivre. L’épicerie montera avec eux un projet de vie et organisera des ateliers (budget, alimentation…).
Les produits seront fournis par la banque alimentaire, Carrefour etc. Les bénéficiaires paieront 10% du prix des marchandises. Il y aura beaucoup de choix dans le magasin et beaucoup de légumes (pas comme aux restos du cœur). Il y aura des ateliers.
Il n’y aura pas de cuisine, c’est dommage parce que le chef du Show devant Olivier Chaput était prêt à dispenser des formations. La cuisine pourra se faire à la MPT G. Philipe.

Question : Y aura-t-il des fruits et légumes bios pour des non bénéficiaires ?
E. Arend répond que c’est en discussion.
D. Nauche indique que les distributions de l’Etal solidaire visent également à faire venir des gens extérieurs au quartier afin de donner une autre image des cités.

Les Butineurs du Val de Bièvre
Ils ont des ruchers dans le Val de Bièvre depuis 2009. Il n’y a pas assez de nature pour permettre de grosses récoltes de miel, certains bénévoles préfèrent le vendre (au Show devant par exemple), Dan préfère le donner (mais en sachant où il va !), notamment aux gens de l’association qui rendent des services.
Les ressources diminuent. Les indispensables tilleuls sont coupés dès qu’il y a des travaux, les trèfles et pissenlits sont tondus. Les parcs ont trop souvent seulement une fonction décorative. Les Butineurs sensibilisent à la biodiversité, étudient comment remettre de la nature sur le territoire, recréer des écosystèmes afin que la nature fonctionne d’elle-même. Ils expliquent qu’il ne faut pas installer de nouvelles ruches sans avoir auparavant planté ce qu’il faut pour nourrir les abeilles.
Un rucher est prévu au cimetière des Pommiers de Villejuif.

La discussion s’engage ensuite sur les insectes, poissons, hérons, et la rencontre se termine par des conversations informelles autour d’un pot préparé par La Grande Ourse : soupes de pois cassés et de lentilles corail, gâteau aux noix arrosé… de miel des Butineurs. Le retour se fera dans la neige qui vient de tomber.